Général Decaen

Prénommé Charles-Mathieu-Isidore, il est né le 13 avril 1769 à Caen et est décédé à Deuil-la-Barre (95) en 1832. Inhumé à Ermont.

Canonnier en 1788, il quitte le service en 1790, volontaire en 1792, il prend part au siège de Mayence où il reçut le grade de capitaine. Prisonnier en 1795, il est libéré quatre mois après. En 1796, après avoir secondé Moreau sur le Rhin, il est nommé général de brigade, âgé de 27 ans. Traduit au conseil de guerre le 28 avril 1799, il est réintégré le 6 août de la même année.

Le 3 décembre 1800, le général Moreau, après avoir conquis la Bavière, eut à faire face à une offensive autrichienne. Par une manœuvre savamment calculée, il attira l'archiduc Jean sur un terrain choisi, celui-ci fut enserré par Ney et Grouchy d'une part, Richepanse et Decaen d'autre part, cette victoire complétait celle de Marengo. A la suite de cette bataille, Decaen fut élevé au grade de divisionnaire. En 1802, le 18 juin, il est nommé capitaine général des Etablissements français de l'Inde. Il partit de Brest le 6 mars 1803 pour Pondichéry, mais devant la menace anglaise, il leva l'ancre au cours d'une nuit peu après le 12 juillet. Il établit alors son gouvernement à l'île de France (île Maurice). Cette île était le port des corsaires en particulier celui de Surcouf. Ceux-ci attaquaient les vaisseaux anglais et ramenaient des prisonniers. Parmi ceux-ci se trouvait l'explorateur Matthew Flinders, célèbre pour ses découvertes au sud de l'Australie et de la Tasmanie.

A la suite d'une demande du marquis Willesley qui demandait au général Decaen de lui rendre la liberté, Flinders écrivit à sa femme en juillet et août 1805. La copie de cette lettre, communiquée par le commissaire de l'exposition de Melbourne, nous décrit l'atmosphère de l'île Maurice à cette époque. Mais, comme la guerre avec la France reprenait de plus belle, Decaen dut lutter pour conserver cette colonie. Il fut blessé en novembre 1810. La puissance maritime de la Grande-Bretagne eut raison de la résistance des Français, l'île capitula le 3 décembre 1810. Le général revint en France et commanda l'armée de catalogne puis, en 1813, celle de Hollande. Après l'abdication de l'empereur, il se rallie à Louis XVIII, est nommé commandant de la région militaire de Bordeaux et prend le commandement des Pyrénées orientales. Au retour des Bourbons, il est emprisonné et jugé en décembre 1815. Amnistié en 1817, il est mis en disponibilité.

Il vécut à Cernay avec des moyens financiers faibles. Remis en activité en 1830, il fut nommé président de la commission de la législation coloniale. Atteint du choléra lors de l'épidémie de 1832, il revenait de Paris le 9 septembre, son mal empirant, il fut forcé de s'arrêter à La Barre (Commune de Deuil). Les seuls témoins de l'acte de décès sont l'aubergiste et le médecin qui a constaté le décès. Il fut ramené à Ermont où il fut enterré le lendemain. La population, accompagnée de la garde nationale du canton, l'accompagna jusqu'à sa dernière demeure. Sa veuve n'ayant pas beaucoup de moyens demanda une concession perpétuelle pour laquelle elle offrait 200 francs, les tracasseries administratives firent durer cette affaire près de deux ans. Sa veuve mourut en 1845. Son tombeau fut déplacé en 1924 et placé le long du mur de la rue de Saint-Prix. Parmi ceux qui perpétuèrent son souvenir, il faut citer les Mauriciens, en 1910, toujours très attachés à ce qui rappelle la France.