Pierre Leyris

Né à Ermont le 16 juillet 1907 et décédé le 4 janvier 2001, il fut élève à Jeanson de Sailly. Il se lia d'amitié avec Pierre Klossowski, qui fréquenta le même lycée, et avec le frère cadet de celui-ci, le peintre Balthus, qui fit son portrait.

Dans les années 30, il fait la connaissance des membres du Grand Jeu, et aussi de Pierre Jean Jouve, André Gide, Klaus Mann, Henri Michaux...

A cette même époque, Pierre Leyris, renonçant à la poésie, décide de se consacrer entièrement à la traduction, un choix qui n'était pas celui de la facilité. Jean-Paul Han l'encourage, mais dans le milieu de la NRF, c'est la rencontre avec Brice Parain qui sera déterminante, spirituellement et intellectuellement.

Sa première traduction -avec l'aide de sa femme, anglaise- sera celle du roman de Melville, Pierre ou les ambiguïtés (1939). Il eut également l'occasion de travailler à Londres auprès de T.S. Eliot pour la traduction de ses poèmes (1947).
Parmi les auteurs traduits par Pierre Leyris, il faut citer : William Blake, Emily Brontë, Charles Dickens, Gerard Manley Hopkins, Shakespeare (il dirigea l'édition des oeuvres complètes, au Club français du livre de 1954 à 1962)  et puis aussi Yeats, Stevenson, Wharton...

En 1995, il fait paraître chez Gallimard son important Esquisse d'une anthologie de la poésie américaine du XIXème siècle. Pierre Leyris avait également été le fondateur, en 1964, de la prestigieuse collection Domaine anglais.
Pierre Leyris, dans un entretien au Monde  en 1974, affirmait, dans son travail de traducteur, vouloir surtout rester fidèle "aux concepts et aux images, la fidélité rythmique allant de soi. Etre fidèle, c'est, après une longue imprégnation du texte et de ses valeurs dûment reconnues, se laisser traverser par lui, comme involontairement, dans le passage d'une langue à l'autre. Le naturel, en traduction, s'obtient tout à coup, comme une grâce, au terme de patients efforts. Vous ne pouvez pas savoir à quel point on pénètre un texte en luttant longuement avec lui. On croit même saisir le secret de sa genèse".

Yves Bonnefoy disait de lui (...) "Il fut l'exemple même du scrupule, de la rigueur, du savoir. Relisant avec minutie les versions qu'on lui apportait, les discutant mot par mot avec la patience qui naît du cœur marié à l'intelligence. Pierre Leyris restera comme un des grands artisans de l'alliance toujours renouvelée des langues française et anglaise. C'est là un vrai titre de gloire".

Pour en savoir plus : www.jose-corti.fr/titresfrancais/pour-memoire-leyris.html