Raymond Couvègnes

Né à Ermont le 27 février 1893 et décédé à Paris le 18 décembre 1985.
Il est le fils d'Emile Couvègnes, historien militaire et directeur des Chemins de Fer du Nord.

Très jeune, il se montre doué en dessin. Après l'école d'arts appliqués Bernard Palissy, il fréquente l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Elève d'Injalbert, il obtient le premier grand prix de Rome en 1927 pour un haut relief présentant "L'invention de la corne d'abondance". La réplique en marbre se trouve au Palais St-Siméon en Californie. Il est officier d'Académie et officier de la Légion d'honneur.

Sa vie artistique connaît trois époques

La première est vouée à la reconstruction de nombreuses églises et hôtels de ville dévastés par la première guerre mondiale dans le nord de la France. En effet, il contribue dans la Somme à la décoration par taille directe ou moulage en ciment, des églises de Roye, Le Bosquel, Athies, Flavy, Arvilliers et de l'Hôtel de Ville de Montdidier.
Seconde étape, outre de nombreux bustes, des commandes officielles vont se succéder ensuite pour des monuments commémoratifs en pierre, à Paris d'abord, un grand buste de Pierre Curie destiné au palais de la Découverte, les statues de Claude Bernard devant le collège de France, de la Reine Astrid à la cité universitaire et de "La Femme au bain" dans le parc de la Butte du Chapeau Rouge, réplique d'un grand moulage réalisé lors de l'Exposition Internationale de 1937. En province, il sculpte les monuments de Raymond Poincaré à Bar le Duc, de Franklin D. Roosevelt au Cesnay et celui des résistants du sud-ouest à Neuvic, puis une stèle à la gloire des libérateurs à Amboise.

On lui doit également un groupe allégorique en bronze doré sur "La voix du Nord" à Lille et un fronton en ciment sur la Chambre de Commerce de Poitiers, ainsi qu'une mosaïque de l'Europe devant l'hôtel de ville de Boulogne.
A l'étranger, il réalise un buste d'Aimé de Sornay, inventeur de la canne à sucre, à l'Ile Maurice, et un chemin de Croix pour un couvent français à Alexandrie.
Dernière étape, il crée dans le cadre du 1 % artistique des stèles, des écussons pour des ouvrages du Rhin et pour des groupes scolaires (Ermont, Boulogne, Franconville, Poitiers, St-Cyr, Coëtquidam et Sannois).

La plupart du temps, il a accompli des œuvres de grande dimension destinées à l'exposition en plein air, qui peuvent et doivent prendre contact avec l'architecture voisine. Dans ses productions, Raymond Couvègnes rend la sculpture monumentale à sa véritable destination, celle d'émouvoir les hommes et d'embellir l'environnement.

Electricité de France lui confie entre 1956 et 1973 la lourde tâche de décorer des centrales hydrauliques et nucléaires.
A côté de ces grands morceaux de sculpture monumentale, il réalise des médailles sur commande pour l'Hôtel des Monnaies, dont celles du Président Poincaré, du peintre Kandinski, et du Basket-ball.

Dans sa ville de Boulogne, où il est demeuré jusqu'à sa mort, il créa l'école des Beaux-Arts et y enseigna la sculpture.

Texte de Michel Charbonnier, retraité EDF Mulhouse