Yvonne Printemps

Née le 25 juillet 1894 à Ermont et décédée à Neuilly-sur-Seine (92) le 18 janvier 1977.

Tout enfant, Yvonne Wigniolle est déjà sur les planches.

A 14 ans, à la Cigale, elle est un Petit Chaperon Rouge un brin fripon dans une revue au titre évocateur: Nue Cocotte. Tout aussi évocateur, le titre de la revue dans laquelle elle côtoie Maurice Chevalier, déjà vedette en 1912 : Ah ! les beaux nichons!. Le critique de "Comédia" dira d'elle, qui s'appelle désormais Printemps : "Cette artiste - à laquelle un brillant avenir est peut-être réservé - a, pour réussir, bien des atouts dans son jeu. Elle est tout d'abord fort jolie (...) De plus, elle silhouette son personnage avec intelligence, le joue avec une délicieuse sincérité et une conviction charmante ; elle le chante enfin avec infiniment de goût, d'une voix naturellement bien placée (...) Nature intéressante, artiste heureusement douée."

Yvonne Printemps entre au Palais-Royal pour y jouer deux revues et une opérette : Le Poilu et, la même année, elle débute dans la comédie aux Bouffes-Parisiens où elle crée, en 1916, Jean de La Fontaine, pièce de Sacha Guitry qui a remarqué son talent, mais aussi sa beauté, où elle interprète le rôle de la maîtresse de La Fontaine (Sacha Guitry) et Charlotte Lysès - la première épouse de Sacha - sa femme Yvonne est de toutes les pièces du Maître. Elle sera aussi sa nièce, à l'écran, dans son premier film, Un roman d'amour et d'aventures, dont le scénario a été écrit par Guitry. Le 10 avril 1919, Yvonne et Sacha se marient : leurs témoins sont Georges Feydeau et Sarah Bernhardt...

Guitry, pris entièrement par le théâtre, tient sa jeune épouse à l'écart du cinéma : il écrit pour elle des comédies, des opérettes où sa voix fait merveille et, plus rarement, des drames. Printemps ne reviendra au cinéma qu'en 1935, année au cours de laquelle elle épouse Pierre Fresnay, au terme d'une longue et pénible procédure de divorce engagée contre Guitry.

Mais c'est toujours l'opérette qui accapare la comédienne dont la voix, selon un critique musical de l'époque (1937) " vient d'ailleurs, des régions où règnent la flûte, l'elfe, l'oiseau, des climats tempérés où tout est tact, discrétion, effusions, retenues. "

De 1934 à 1951, Yvonne Printemps a interprété huit films, tous aux côtés de Pierre Fresnay. Ceux qui lui valurent les plus grands succès furent Trois valses et La Valse de Paris : elle y mit en oeuvre, à la perfection, sur des musiques de Johann Strauss ou d'Offenbach : "(...) la forme de talent, le charme, la qualité de voix, la façon de chanter originale qu'elle a imposée - car on ne chantait pas comme ça avant elle - techniquement et sensiblement. " (Pierre Fresnay.)

Après Le Voyage en Amérique, Yvonne Printemps abandonne le cinéma et se consacre exclusivement à la scène : elle est codirectrice du Théâtre de la Michodière.
Le grand écrivain Colette, dans La Jumelle noire (1938), a esquissé ce portrait d'Yvonne Printemps : "Son sourire, aussi lumineux que la lune par froid clair et comme elle en forme de croissant, sourire célèbre aux coins relevés, gaieté que parfois dément la confidence mélancolique de deux yeux pers - le sourire de la meilleure actrice d'opérette de ce temps".

Deux ans après Pierre Fresnay, Yvonne Printemps est morte à Neuilly sur Seine le 18 janvier 1977.

Filmographie
- 1918
UN ROMAN D'AMOUR ET D'AVENTURES (René Hervil, Louis Mercanton).
- 1934
LA DAME AUX CAMÉLIAS (Fernand Rivers, Abel Gance).
- 1938
ADRIENNE LECOUVREUR (Marcel L'Herbier) - TROIS VALSES (Ludwig Berger)
- 1940
LE DUEL (Pierre Fresnay).
- 1943
JE SUIS AVEC TOI (Henri Decoin).
- 1948
LES CONDAMNÉS (Georges Lacombe).
- 1950
LA VALSE DE PARIS (Marcel Achard).
- 1951
LE VOYAGE EN AMÉRIQUE (Henri Lavorel).

Ces textes sont issues de la série n° 210 de la collection des fiches de Monsieur Cinéma (210/33)